Judo : L’uni… forme…
Contrairement à beaucoup d’autres sports, on ne peut faire du judo dans une tenue sportive ordinaire. Trente secondes de randori et vos vêtements seront en lambeaux... Le tissage particulier et les nombreuses coutures donnent au judogi solidité et résistance essentielles à la pratique des techniques et à la compétition. Datant d’une autre époque, ce costume a peu évolué depuis la fondation du Kodokan en 1882. Les manches de la veste et du pantalon ont été allongées pour faciliter la saisie. Dernièrement, le judogi bleu a été autorisé pour la compétition pour faciliter l’arbitrage. Le judogi traverse les époques sans se soucier de la mode. D’une efficace simplicité, le judogi est une source d’inspiration en lui-même. Au-delà de son utilité technique, le gi envoie d’autres messages, plus subtils. Beaucoup s’affichent à travers leurs bijoux, leurs vêtements, leur coiffure. Avant de revêtir l’uniforme, on retire notre montre, nos bijoux pour ne pas se blesser ou blesser notre partenaire... Aucune coiffure ne survit à dix minutes de judo...
Le judogi blanc nous ramène tous au même niveau, atténue les distinctions sociales et chasse temporairement nos allégeances politiques, religieuses... trop souvent source de conflit! Le judo nous décape d’une croûte superficielle, de ce que nous pensons être, et nous guide sur un chemin différent. Le judo nous place face à notre vraie nature, et ce qui est réellement important dans la vie. Il stimule les meilleures valeurs humaines : l’effort, la persévérance, la collaboration, l’amitié... Et nous guide vers la paix intérieure et extérieure. Quand j’étais petit on nous montrait à respecter son judogi, à le plier pour le transporter, à le laver et l’entretenir par respect pour soi et pour les autres... Aujourd’hui, je comprends mieux l’idéal véhiculé par le judogi et j’aimerais plus lui ressembler : simple, souple, robuste, fiable, humble…
